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22 novembre 2017 14:31:10
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Impact des changements climatiques en France

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Un nouveau rapport commandé par Greenpeace et réalisé par la société Climpact avec l'aide de spécialistes reconnus sur la problématique du réchauffement climatique montre l'impact par secteur des hausses de températures sur la France. Petr Cech may be rushed back from injury to face Wigan. Photograph: Darren Walsh / Empics/PAComme l'indique Harilaos Loukos(1) "l'ambition de ce rapport est de présenter une revue de l'état des connaissances sur les conséquences du réchauffement global en France en termes de changements climatiques et d'impacts."

J.Jouzel(2) et H. Le Treut(3) qui ont participé à l'élaboration de ca rapport indique en préface qu'à "chaque fois que nous devons décrire les modifications climatiques que vont provoquer les activités humaines, dans le cadre de conférences ou d'interventions dans les médias, nous insistons sur l'impact considérable d'un réchauffement moyen de 3°C, que les modèles permettent d'envisager avant la fin de ce siècle, et qui se traduira par un climat très différent de celui dont nous bénéficions actuellement. La succession dans le passé de périodes glaciaires et
interglaciaires, (...) offre des références essentielles à cet égard ; il y a 20000 ans, au dernier maximum glaciaire, la température moyenne de notre Planète n'était plus froide que d'environ
5°C, alors que l'Europe et l'Amérique du Nord étaient couverte de glaciers, dont la fonte s'est étalée sur des milliers d'années...."

Notons à ce titre que les concentrations en dioxyde de carbone dans l'atmosphère ont atteint des niveaux records sur les 750 000 dernières années et qu'elles évoluent à une vitesse jamais enregistrées depuis 20 000 ans. Le réchauffement climatique qui s'en suit est un phénomène dont la vitesse est 100 fois plus élevée que les variations climatiques naturelles de la Terre.

Nous vous proposons de découvrir ici une sélection des informations contenues dans le rapport complet disponible sur le site web qui lui est dédié.

Changements climatiques globaux observés (Kevin E.Trenberth - National Center for Athmospheric Research)
- Le réchauffement global est une réalité. La température globale de l'air en surface est de 0,75°C plus chaude qu'au début du 20ème siècle. Neuf des dix dernières années (1994-2004) sont parmi les années les plus chaudes que le globe ait connu au cours des 145 années d'enregistrements instrumentaux et, que l'hémisphère Nord ait connu au cours des 1 000 dernières années.
- Les changements observés de la température de surface sont cohérents avec d'autres changements dans le sens du réchauffement, comme l'augmentation de la température de la surface de la mer, la réduction de la couverture neigeuse, le raccourcissement des saisons de gel, le retrait des glaciers et de la glace de mer, l'augmentation de la température des océans, l'élévation globale du niveau de la mer, et l'augmentation de la température et de la vapeur d'eau des couches supérieures de l'atmosphère. Des changements dans la circulation atmosphérique amplifient ces changements dans certaines régions ou les réduisent, parfois jusqu'à les contrer, dans d'autres.
- Les changements des valeurs moyennes s'accompagnent d'un changement amplifié des valeurs extrêmes. De nombreux indices le prouvent, comme l'augmentation des précipitations moyennes à fortes, même dans les régions où les précipitations sont en récession ; l'augmentation en intensité et durée des sécheresses; la diminution du nombre de jours de gel; l'élévation des extrêmes de température journalière ; la réduction du nombre de nuits froides ; etc. La fréquence des tempêtes dans l'Atlantique Nord reste encore dans les seuils de variabilité naturelle mais on constate une intensité accrue d'ouragans et typhons (catégorie 4 et 5 notamment).
- La compréhension scientifique du climat montre désormais sans équivoques que le changement climatique lié au réchauffement global est déjà en cours. La capacité des modèles à simuler le climat passé et présent nous donne une confiance accrue dans leur capacité à simuler le futur.
- Les mesures d'atténuation des changements climatiques entreprises aujourd'hui n'auront d'effet que dans 50 ans. Elles diminueront l'ampleur et le rythme du changement climatique futur, mais elles ne l'arrêteront probablement pas, car le rythme des changements projetés dépasse tout phénomène naturel constaté sur les 10 000 dernières années, et il est donc susceptible d'apporter une multitude de perturbations importantes. En conséquence, nous devrons nous adapter aux changements climatiques en les planifiant et en améliorant les prévisions et leur déroulement probable. Le choix des actions à prendre ne dépend plus de la science mais de nos systèmes de valeurs. Il s'agit d'équité entre générations, d'équilibre entre pays en voie de développement et pays développés, de développement durable, de confiance dans les capacités d'adaptation de la technologie, et d'impacts sur l'économie et l'industrie. Dans la plupart des cas, il n'est pas tant question de ce qui est à faire mais de comment cela doit être fait en termes d'implémentation et de durée, puisque cela détermine le degré de perturbation
des activités en cours.

Impacts globaux futurs (A. Barrie Pittock - membre Honoraire du Marine and Atmospheric Research du Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation)
- Les impacts globaux du changement climatique d'origine humaine comprennent des effets néfastes sur les écosystèmes naturels ; des dommages liés aux événements climatiques extrêmes sur la santé, les biens et l'environnement ; l'inéquité croissante entre pays en voie de développement et pays développés ; les effets défavorables sur la plupart des personnes même lors de faibles réchauffements globaux, et le danger de futurs changements à grande échelle du système climatique qui pourraient être désastreux pour la civilisation.
- Les impacts s'aggraveront progressivement avec le temps et la poursuite de taux élevés d'émission des gaz à effet de serre.
- Les impacts sur l'Europe se font déjà ressentir; ils comprennent l'aridité croissante au sud, des inondations plus graves dans le Nord, la fonte du permafrost, et des vagues de chaleur largement répandues. L'affaiblissement de la circulation thermohaline (circulation océanique de grande échelle contrôlée par la température et la salinité de l'eau de mer) de l'Atlantique Nord pourrait causer des changements majeurs au climat européen.
- Les réchauffements globaux projetés à 2100 présentent une faible probabilité d'excéder 2°C dans le cas d'une stabilisation à 450 ppm de CO2, et excéderont presque certainement 2°C pour une stabilisation à 1000 ppm.
- Plusieurs développements récents indiquent un réchauffement probablement plus rapide que celui présenté dans le rapport de 2001 du GIEC.
- Etant données les incertitudes admises, il est important qu'une approche de type “gestion du risque” soit appliquée, de manière à réduire au minimum la probabilité d'occurrences de réalisations extrêmes.

Changements climatiques observés en France (Jean-Marc Moisselin - Météo-France)
- Au cours du XXe siècle, la température moyenne de la France a augmenté de 0,1°C par décennie. En fin de XXe siècle, le réchauffement en France s'est accéléré à raison de 0,6°C par décennie sur la période 1976-2003. Ce qui nous donne une hausse des températures moyennes en France de l'ordre de 1°C sur le XXe siècle (Moisselin, 2002)
- Sur 1951-2000 il est net qu'en France les étés sont de plus en plus chauds et qu'il y a de moins en moins de jour de gel en hiver. Il semblerait qu'il y a de plus en plus de vagues de chaleur en été et moins de vagues de froid en hiver.
- Sur 1951-2000, la variabilité des températures maximales présente des signes d'augmentation, notamment en été.
- L'évolution des précipitations est plus contrastée mais montre une augmentation sur les deux tiers nord du territoire avec des contrastes saisonniers marqués, en hausse en hiver et en baisse en été. Les sécheresses estivales sont en augmentation.
- On ne détecte pas à l'heure actuelle de changement notable en France sur certains aspects du climat : les tempêtes, les précipitations intenses.

Changements climatiques futurs en France (Serge Planton - Météo France)
Quelque soit le scénario de changement climatique considéré :
- Il est très probable que les vagues de chaleurs estivales seront à la fois plus fréquentes, plus longues et plus intenses.
- Il est probable que les précipitations intenses augmenteront en hiver, mais surtout que les périodes de sécheresse seront plus longues en été.
- L'intensité des changements futurs en France dépend de l'amplitude du réchauffement planétaire. Les conséquences des scénarios d'émission de gaz a effet de serre B2 et A2 du
GIEC calculés par des modèles climatiques sont présentés dans cette étude : suivant le scénario B2, la température moyenne en France augmenterait de 2° à 2,5° entre la fin du 20ème et la fin du 21ème siècle, les précipitations augmenteraient faiblement en hiver et diminueraient plus fortement en été (de 5 à 25%). Suivant le scénario A2, les changements climatiques seraient beaucoup plus marqués avec un réchauffement plus important (3° à 3,5°), un assèchement plus important en été (de 20 à 35%) et surtout un effet accru sur les événements
extrêmes. En particulier, un été sur deux de la fin de siècle (2070-99) serait au moins aussi chaud que l'été 2003.

Impact sur la ressource en eau (Pierre Chevallier - Institut de Recherche pour le Développement et Institut Languedocien de recherche sur l'Eau et l'Environnement)
- L'impact du changement climatique sur la ressource en eau ne peut pas être facilement isolé, de celui des autres changements affectant le milieu continental, en particulier ceux liés aux activités humaines, sauf dans quelques cas comme celui – spectaculaire et durable – du recul des glaciers et de la diminution de la couverture neigeuse.
- Le changement climatique joue un rôle significatif sur la disponibilité de la ressource en eau. Il faut toutefois rester prudent dans les projections futures, cette disponibilité étant largement dépendante de l'état du milieu récepteur pour lequel on ne peut formuler que des hypothèses.
- Les modélisations récentes sur les trois grands bassins français (Rhône, Seine et Adour-Garonne) indiquent une tendance à un affaiblissement des débits d'étiages estivaux
à l'horizon 2100 sous les hypothèses du GIEC. Les résultats obtenus sur la période hivernale ne sont pas significatifs.
- A l'échelle locale et sur des durées courtes (de la journée au mois), les augmentations, mêmes modestes, attendues sur la fréquence et l'intensité de certains événements climatiques (précipitations, températures) peuvent voir leurs impacts sur la ressource en eau ignificativement
amplifiés lorsqu'elles sont combinées à des situations locales particulières : crue rapide, inondation, sécheresse, pollution, etc.

Impact sur la couverture neigeuse (Eric Martin - Météo France)
- La couverture neigeuse des massifs montagneux français est directement liée aux conditions climatiques. Le réchauffement à venir tend à diminuer la durée de l'enneigement et l'épaisseur du manteau neigeux.
- Les études de modélisation suggèrent qu'un réchauffement de 2°C par rapport aux conditions moyennes de la décennie 1980-90, aurait des effets notables sur les conditions d'enneigement à moyenne altitude (de 1500m à 2500m) et un effet moins marqué à haute altitude (au delà de 2500m). Ainsi, à 1500m on passerait de 5 à 4 mois d'enneigement dans les Alpes du Nord et de 3 à 2 mois dans les Alpes du Sud et les Pyrénées induisant une diminution de 40% à 50% du manteau neigeux. En altitude, l'enneigement serait réduit d'une douzaine de jours.
- En cas de réchauffement plus important, la diminution du manteau neigeux serait encore plus prononcée. Les hautes altitudes, relativement épargnées pour un réchauffement modéré, commenceraient à être fortement touchées.
- Les modifications de la couverture neigeuse devraient également être causées par des modifications des régimes hydrologiques des rivières de montagne, de la végétation à
haute altitude et de l'enneigement des stations de sport d'hiver. Les études récentes suggèrent une remise en cause de l'existence des stations de sport d'hiver de moyenne montagne.

Impact sur les glaciers alpins (Christian Vincent - Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement)
- Les glaciers alpins sont très sensibles aux variations climatiques. Leurs fluctuations ont une forte variabilité naturelle, ceci à l'échelle centennale, décennale et annuelle.
- L'évolution des glaciers alpins est un excellent indicateur du climat passé et à venir. Elle constitue un indicateur fiable du réchauffement climatique qui fait l'objet d'un suivi intense de la part de la communauté scientifique internationale.
- Depuis 1840 environ les glaciers alpins sont globalement en récession. Depuis 1982, la récession s'est accélérée sous l'effet d'un réchauffement estival évident. Les glaciers alpins ont aujourd'hui régressé à un niveau encore jamais atteint au cours des quatre derniers siècles.
- Quels que soient les scénarii envisagés pour le climat futur, les glaciers français seront fortement affectés. Ceux dont les sommets sont situés à des altitudes inférieures à
2900 m sont condamnés à disparaître car ils ne sont pas encore en équilibre avec le climat moyen du 20ème siècle. Les autres connaîtront des réajustements selon l'amplitude du réchauffement à venir.
- Pour un réchauffement supérieur à 1°C les glaciers alpins connaîtront des réajustements et des retraits importants. Pour un réchauffement supérieur à 3°C la plupart des glaciers français seront réduits à néant, seuls les plus hauts glaciers du massif du Mont Blanc pourraient résister, au prix
d'un fort réajustement de leurs surfaces et de leurs longueurs.

Impact sur les forêts (Denis Loustau et Jean-Luc Dupouey - Institut National de la Recherche Agronomique)
- Le fonctionnement et la productivité des forêts montrent une dépendance étroite au climat en relation avec les essences présentes et la structure du couvert. Mis à part les effets des événements de 1999 (tempête) et 2003-2005 (canicule et sécheresse), la forêt française a vu sa productivité moyenne s'accroître continuellement depuis 40 ans et une surface encore récemment en extension.
- Au cours de ce siècle, le potentiel global de production de la forêt française sera modifié sous l'effet du changement climatique et ce plus ou moins rapidement suivant la vitesse d'augmentation de la concentration atmopshérique en gaz à effet de serre. Cette modification présentera des variations géographiques importantes. D'ici 2050, le Nord serait avantagé et le Sud plus menacé. La vocation de production des forêts les plus exposées à de futures sécheresses, dans le Sud et l'Ouest, est amenée à être remise en cause.
- Le changement climatique est brutal, il interviendra dans un laps de temps inférieur à 150 ans, c'est-à-dire moins d'une génération pour la plupart des espèces d'arbres présentes en France. Il est discontinu : l'évolution de la production forestière dans le temps présente un maximum de production nette entre 2015 - 2045 suivi d'une diminution ultérieure. Les possibilités d'adaptation génétique des arbres et peuplements en place sont donc réduites. La sylviculture des forêts françaises devra nécessairement accompagner les effets de ces changements par des substitutions d'essence, des changements des régimes d'éclaircie et de coupe, une gestion adaptée des sous-étages et des sols.
- La capacité de réserve en eau des sols et les conditions locales de disponibilité en nutriments sont des facteurs conditionnant la réponse des peuplements au changement climatique. Les forêts sur les sols à forte réserve utile en eau supporteront a priori mieux l'évolution du climat. Le
réchauffement et l'accentuation des déficits en eau des sols pourraient réduire fortement les stocks de carbone de la biomasse et des sols forestiers du Sud de la France.
- Une évolution forte des principales maladies affectant les arbres forestiers en lien avec les changements climatiques est à prévoir, avec une amplification de l'impact des parasites thermophiles et favorisés par les stress hydriques, et surtout l'apparition de nouvelles maladies. Les changements à venir des enveloppes climatiques des aires de distribution des parasites conduisent à préconiser une gestion anticipative et préventive des risques, en particulier pour limiter la dissémination des parasites à leurs enveloppes actuelles. Le choix des espèces ou variétés pour les reboisements devra être raisonné en fonction de ces risques.
- Si le bilan de carbone de la forêt française est actuellement positif, son avenir est incertain et sujet à de fortes disparités régionales. La capacité des politiques forestières à accompagner les changements prévus et anticiper leurs impacts en relation avec les demandes sociale et économique est une des clés du futur de la forêt française et de sa capacité à remplir les multiples fonctionalités attendues d'elle.

Impact sur l'agriculture (Bernard Seguin - Institut National de la Recherche Agronomique)
- Les changements observés concernent l'avancée des stades phénologiques et des cycles culturaux. Peu ou pas d'évolution notable dans les systèmes de production et les pratiques
culturales: le système a été capable d'absorber le réchauffement encore limité de l'ordre de 1°C.
- L'adaptation courante des techniques devrait permettre de limiter les impacts tant que ceux-ci resteront dans la gamme des 2 à 3°C. Au-delà, plutôt qu'à une rupture dans le rendement des productions, c'est à une accentuation du déplacement géographique des aires qu'il faudrait s'attendre, en accompagnement d'un bouleversement du paysage. Les terroirs en seraient plus fortement questionnés, et le problème de la compétition pour l'eau deviendrait primordial dans le sud.
- Le changement climatique générera des conditions, souvent plus favorables, parfois plus défavorables suivant les productions. Les grandes cultures et les prairies devraient être plutôt favorisées, sauf dans le sud où apparaît le risque de sécheresses accentuées, accompagnées de températures élevées. Les arbres fruitiers pourraient être exposés à des risques de gel accrus au moment de la floraison. Pour la vigne, le réchauffement est plutôt gage de qualité et de
régularité tant qu'il reste dans une gamme de 1 à 2°C. Au delà, il risque de poser problème pour conserver la qualité et la typicité des productions traditionnelles.
- Sous réserve des impacts éventuels sur les mauvaises herbes et la santé des plantes, des effets plutôt positifs sont à attendre dans le nord. C'est dans la partie sud que devraient
apparaître des effets négatifs, qui peuvent prendre une grande ampleur dans le cas de sécheresses répétées et persistantes.
- Une adaptation locale basée sur les composantes techniques (choix des variétés, pratiques culturales) paraît en mesure d'amplifier les effets positifs et de limiter les effets négatifs, sous réserve que l'eau soit disponible pour l'irrigation.
- Un déplacement géographique vers le nord est à anticiper, mais il n'est pas envisageable pour les productions liées au terroir, comme le sont les AOC. Des options stratégiques fortes devront être prises : soit favoriser le maintien des caractéristiques traditionnelles soit en tirant parti des nouvelles conditions.

Impact sur la santé (Jean-Pierre Besancenot - Laboratoire Climat et Santé, Faculté de Médecine de l'Université de Dijon)
- La santé étant dans une large mesure sous la dépendance du climat, il faut s'attendre à ce que tout changement climatique ait des impacts (favorables ou défavorables) sur la santé. Les impacts indirects (maladies à vecteurs) sont a priori devancés par les effets directs (stress thermique).
- Sans être nul, le risque d'émergence ou de réémergence dans un pays comme la France de maladies à vecteurs en provenance des pays tropicaux doit être fortement relativisé
(paludisme, dengue, fièvre jaune…). S'il y a malgré tout apparition ou résurgence de telles maladies, le rôle du changement climatique sera sans doute minime en regard d'autres déterminants, comme la multiplication des transports aériens.
- Les inquiétudes liées aux effets directs du stress thermique sur l'organisme humain paraissent beaucoup plus fondées. Un réchauffement modéré (2°C en moyenne annuelle) aurait des effets bénéfiques en hiver, mais entraînerait une légère augmentation de la mortalité estivale. Un réchauffement plus important (< 3°C en moyenne annuelle) n'abaisserait pas davantage la morbidité et la mortalité de saison froide,mais accentuerait la mortalité de saison chaude au point de la rendre prépondérante sur l'année.
- La multiplication des grands paroxysmes thermiques serait plus préjudiciable que le relèvement de la valeur moyenne des températures. Le vieillissement de la population constituera un facteur croissant de vulnérabilité face au climat.
- Ces résultats doivent être considérés avec prudence car la santé est par essence un phénomène multifactoriel, et les impacts du changement climatique ne peuvent pas être raisonnablement cernés hors de leur contexte démographique, social et économique. Mais prudence ne veut pas dire passivité et la mise en place d'un dispositif de surveillance épidémiologique paraît d'ores et déjà souhaitable.

Impact sur le tourisme (Jean Paul Céron - Centre de Recherche Interdisciplinaire en Droit de l'Environnement, de l'Aménagement et de l'Urbanisme Ghislain Dubois - Tourisme,Transports,Territoires, Environnement Conseil)
- Les scénarios climatiques actuels sont encore insuffisamment régionalisés pour permettre une évaluation fine des impacts sur le tourisme. On parle donc d'impacts « potentiels », ou « possibles», mais pas d'impacts « probables ».
- Le tourisme serait plus perturbé par des événements climatiques extrêmes que par une augmentation des températures s'étalant sur une longue période.
- Le confort thermique des touristes pourrait devenir problématique en été dans les régions méditerranéennes. Un « tourisme de fraîcheur » pourrait se développer et le printemps et l'automne deviendraient plus favorables au tourisme.
- L'impact le plus marquant pourrait être le manque de neige, particulièrement en moyenne montagne, et le recul des plages (qui a cependant d'autres causes) et une concurrence accrue pour les ressources en eau nécessaires aux activités de loisirs. Les évolutions de la biodiversité et des paysages, auront une influence sur le tourisme plus difficile à évaluer.
- Au-delà de ces impacts directs et indirects, les politiques de limitation des émissions de GES dans les transports vont nous demander de repenser notre rapport au voyage, dans une perspective de remise en cause de l'hypermobilité. La croissance du transport aérien est le problème le plus difficile à prendre en charge.

Impact sur l'économie (Jean Charles Hourcade - Centre International de Recherche sur l'Environnement et le Développement)
- On parle de dommages et non plus d'impacts du réchauffement climatique quand on s'interroge sur ses effets sur le bien-être des populations.
- L'analyse précise des dommages ne peut se faire sans analyse des implications économiques des formes d'adaptation : variations de productivité du capital naturel, coûts liés à l'accélération de l'obsolescence du capital productif et des infrastructures, calcul des « aménités » (ensemble des satisfactions que l'on retire d'un climat donné et de sa permanence) environnementales, et coûts d'adaptation liés à l'occurrence d'évènements à impacts graves de grande ampleur, tel que l'interruption de la circulation thermohaline.
- La difficulté centrale de l'évaluation économique est de passer des informations sur l'évolution des paramètres du climat et des écosystèmes à l'échelle locale, à une description des coûts sociaux qui en résultent, et ceci dans une même métrique monétaire de façon à pouvoir comparer ce résultat au coût de la réduction des émissions de GES.
- Les évaluations de ce type qui existent sont extrêmement basses pour plusieurs raisons. D'une part, elles envisagent une économie stabilisée et réadaptée à un climat changé que l'on connaît par avance. D'autre part, elles ne prennent pas en compte les coûts d'adaptation à un climat changeant dont on ignore les caractéristiques. Enfin, elles ne tiennent pas compte des compensation entre les régions et des effets de propagation de chocs locaux.
- Le problème majeur vient du couple inertie-incertitude. Le climat auquel il convient de s'adapter reste inconnu à l'échelle spatiale fine nécessaire pour apprécier les coûts d'adaptation et les dommages. L'incertitude est le facteur central (incertitude sur l'évolution locale des climats, incertitude sur la réaction des populations et des institutions) en raison de l'inertie de nos infrastructures économiques qui ne peuvent être rapidement transformées sans importants coûts économiques et sociaux.
- L'évaluation des dommages ne peut reposer sur la simple affectation d'une valeur plus ou moins précise à chaque type d'impact. Les dommages ultimes seront en effet déterminés par l'état des sociétés touchées, leur capacité à prévoir et à répondre à temps de façon cohérente.
- Le rythme du réchauffement est un paramètre aussi important que son niveau ultime, car l'important est d'éviter les points de rupture déclencheurs de rythmes de bouleversements trop élevés vis à vis de nos capacités de réaction. Aujourd'hui le réchauffement est dans une grande mesure « un coup parti » cependant, ralentir les émissions nous donne une chance de nous adapter à un coût modéré.

Comme nous le montre cette sélection, ce rapport est très riche et centralise sans doute pour la première fois les différentes conséquences attendues pour la France d'un réchauffement climatique. Enfin, il fourni notamment les premiers résultats des travaux du GIEC pour l'élaboration de leur nouveau rapport attendu en 2007.

Notes

  1. Harilaos Loukos est Président et Directeur scientifique de Climpact. Il est également expert auprès de l'Union Européenne pour l'évaluation des projets européens de recherche sur le climat.
  2. Jean Jouzel est directeur de recherches au CEA, et directeur de l'Institut Pierre Simon Laplace de l'Environnement Global (IPSL)
  3. Hervé Le Treut est directeur du Laboratoire de Météorologie Dynamique (LMD) de l'PSL. L'un et l'autre sont impliqués dans la rédaction du 4ème rapport du GIEC à paraître en 2007.

Climpact est une société de conseil spécialisée dans la gestion du risque climatique. Sur la base de compétences scientifiques, Climpact développe les outils de quantification des impacts liés aux aléas climatiques, passés et futurs.
Climpact et Météo France se sont associées pour la diffusion de ces outils auprès des industriels des Produits de Grande Consommation. Climpact intervient également auprès des entreprises et institutions pour des expertises liées aux conséquences du changement climatique.
Essaimage de l'Institut Pierre Simon Laplace, Climpact est double lauréat du concours National de la Création d'Entreprise de Technologies Innovantes du Ministère de la Recherche.

Présente dans 40 pays, Greenpeace est une organisation non-gouvernementale écologiste et pacifiste. Son indépendance est assurée par ses 3 millions d'adhérents à travers le monde (dont près de 100.000 en France).
Depuis plus de 30 ans, Greenpeace mène des campagnes sur les problèmes environementaux les plus critiques à l'échelle planétaire ; la lutte contre les changements climatiques est en tête de ses priorités au niveau national et international.

Source

Rapport Impacts Climatiques en France
Mis à jour ( Samedi, 21 Mai 2011 15:01 )  

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